Plateau radio du jeudi 23 janvier

Deuxième émission radiophonique, celle du jeudi 23 janvier, dans son intégralité

et par plages :

Carte blanche critique à deux étudiants en montage du BTS audiovisuel d’Angoulême, Juliette Diderot au sujet d’Once Aurora et Clément Lefranc au sujet de The Cave, et chroniques sur le film Surf the line (Nicolas Deshayes) et sur le film Zéro Impunity (Samuel Martin)

 

Entretien avec Kamy Pakdel et son coproducteur au sujet de son film Abbas by Abbas (Salomé Paquereau, Baptiste Sangla, Julien Dudziak)

 

Entretien avec Thomas Lacoste, autour de son film Pays basque et liberté, un long chemin vers la paix (Nahia Etchepare-Gosselet, Téo Cotélo et Julien Gourbeix)

 

Entretien entre le producteur Olivier Wlodarczyk, Dominique Castinel et trois étudiants en gestion de production au BTS d’Angoulême (Ninon Desormière, Barbara Dufour et Tom Courrieu)

 

Micro-couloir avec la libraire d’Eki à Biarritz (Nicolas Maumus)

 

Travail encadré par Luc Marie-Sainte et animé par Julien Gourbeix.

Je me perds dans les feuilles du programme…

Je me perds dans les feuilles du programme, feuilletant et fouillant dans ces catégories imprécises aux diverses couleurs. Je fouille, je note ce qui a l’air intéressant et je dois faire des choix. Qu’est-ce que je choisis entre ceci et cela? En allant dans ces salles obscures, il m’arrive d’être captivé, stressé, déçu, énervé et parfois je m’ennuie. Les résumés permettent de faire des choix mais parfois leur manque de précision nous font prendre les mauvais, ceci couplé au manque de précision des catégories, j’en ressors déçu. Peut-être faudrait-il créer des sous-catégories qui aideraient à voir sur quel aspect se focalisera le documentaire, comme par exemple histoire, social, politique et nature, je ne sais pas. Je passe du coq à l’âne, une fois je suis totalement embarqué dans l’histoire d’un héros qui désamorce des bombes et une autre fois je suis devant une espèce de publicité, en fait un hommage à un membre d’un groupe extravagant dont le montage est insupportable lors des interviews. Il y avait tellement de coupures au milieu des phrases et donc dans l’image qu’on se demandait si le monteur n’était pas celui de Tibo Inshape sur Youtube. Bon ce n’est pas grave, d’autres documentaires m’ont emporté comme The human factor et Honeyland. Parfois le film était un peu trop long malgré l’exploit qu’il racontait et il arrivait aussi qu’il survole un sujet qui avait un gros potentiel. C’est tous les risques du documentaire. Le Fipadoc n’a eu lieu que deux fois. J’espère qu’il s’améliorera, mais pour l’instant je garde précieusement le catalogue de cette année pour pouvoir voir ce que j’ai malheureusement manqué.

Lucas Flaszenski-Burie.

Honeyland vu par Jim Foster

Il s’agit du seul documentaire que j’ai visionné vendredi, mais je suis très satisfait. Ce documentaire nous emmène dans un monde unique, avec un sujet très rare, la culture du miel naturel. Pendant la séance, je peux dire que j’étais très impressionné par la beauté des plans, mais aussi par le travail sonore. Un aspect qui me questionne toujours est l’histoire, et ici elle prend le spectateur et ne le lâche pas. Cette histoire est tellement impressionnante que je ne sais toujours pas s’il s’agit de pure coïncidence ou d’un script. Néanmoins elle est magnifiquement abordée dans ce documentaire pour représenter sa splendeur et la dénonciation de certaines facettes de l’homme.

Jim Foster.

Enzo vu par Thomas Trompette

Ce bref court-métrage de sept minutes est captivant par sa forme. Il traite d’un sujet qui peut prêter à controverse : la transsexualité ou plus précisément la transidentité. Enzo nous parle !

La construction photographique choisie par la réalisatrice lui a permis de ne pas dévoiler directement l’identité physique de son ami. Les photos défilent de droite à gauche captant à chaque fois une partie de l’appartement d’Enzo, un fragment de son corps, bras, jambes, tatouages, piercing… Nous découvrons ainsi son environnement, ses passions, ses problèmes, et ce film est vraiment touchant. La voix d’Enzo narre le film à la perfection, le mixage audio est très immersif. Il faut noter que le premier plan est aussi le dernier du film. Les images s’imposent au son : la prise de son a été faite avant la captation photographique. C’est cela qui donne toute sa force au court-métrage.

Après l’avoir vu, vous aurez un regard neuf sur ce qu’est la transidentité !

Thomas Trompette.

The Feminister vu par Tifanie Ashba

Margot Wallström, ministre des affaires étrangères de la Suède et de sa politique étrangère féministe, rien que ça, c’est le sujet qu’a choisi d’aborder Viktor Nordenskiöld dans son documentaire The Feminister.

“L’avantage de vieillir c’est qu’on n’a plus peur et qu’on ne se force plus à sourire.”- Margot Wallström

Le réalisateur s’est immiscé dans le quotidien de la ministre pendant 4 ans et nous propose finalement un documentaire non pas politique, mais bien plus, humain. Même si ce choix peut parfois gêner puisqu’un des sujets principaux du documentaire est la politique étrangère féministe menée par le parti social-démocrate, il est vite justifié et validé tout au long du récit.

En effet, on développe au fur et à mesure du documentaire un certain attachement au groupe, favorisé par la relation entre le réalisateur et la ministre qui évolue également. C’est dans cette scène où les associés de Margot lui révèlent enfin une nouvelle assez éprouvante, que ce lien est le plus mis en valeur. Margot sort du cadre avant d’être rattrapée par la caméra qui semble se poser loin, mais dans sa direction pendant un court instant. On se rend compte qu’on est effectivement plongé dans sa vie intime, à laquelle elle a donné un accès mais dont nous ne franchirons pas les limites. Une vraie affection et un profond respect grandissent chez le spectateur tout au long du film.

La lutte que ce groupe mène est de mieux en mieux expliquée et on comprend que le terme “féministe” n’est pas utilisé pour suivre un effet de mode, mais bien pour faire état d’une situation politique inégale dans laquelle les droits humains sont bafoués.

Présente dans la salle depuis le début de la projection aux côtés du réalisateur, Margot Wallström brise ce lien déjà très étroit entre notre monde et celui représenté dans le documentaire. Elle répond aux questions des personnes présentes avec le plus de soin possible et nous délivre un discours poignant sur la peur et le courage.

The Feminister est un documentaire sur une femme forte et fragile dans toute sa complexité, au sein d’une équipe soudée et propulsée par des convictions communes qu’on espère pouvoir retrouver sur nos écrans de télévision ou nos plateformes internet.

Tifanie Ashba.

Plateau radio du mercredi 22 janvier

Le premier plateau de ce deuxième Fipadoc, dans son intégralité y compris son installation (A ou B ? avec Alfred Hollebecque, Pauline Wawrzynsky, Léo Reversat et Kevin Lami) 

et par plages :

Entretien autour d’Yvette avec Julien Potard, son réalisateur et Julien Gidoin, son chef-opérateur (Marius Costedoat-Descouzères, Lilian Vincent)

Discussion critique au sujet de Black and Wild (alias Punda le zèbre) de Laurent Frapat (Xaëlle Ferrier, Mathieu Guiard, Martine Convert)

Entretien au sujet d’Arguments d’Olivier Zabat (Alice Routier, Jeanne Roques)

Rencontre avec deux anciens étudiants en son du Bts audiovisuel, Guillaume Martin, Thomas Henrion, interrogés par Dominique Castinel.

Micro-couloir avec la réalisatrice Marion Sarraut, présente cette année au Fipadoc comme membre de jury (Kevin Lami). 

Travail encadré par Luc Marie-Sainte et animé par Julien Gourbeix.

Watching the Pain of Others vu par Jeanne Roques

Watching the Pain of Others est un essai documentaire d’une jeune chercheuse, Chloé Galibert-Lainé, qui essaye de comprendre sa presque obsession pour le film de Penny Lane, The Pain of Others. Elle va ainsi faire des recherches qu’elle enregistre sur son ordinateur.

Je suis sortie mitigée de la séance. En effet, ce documentaire se présente comme un montage sur un écran d’ordinateur avec diverses fenêtres qui s’ouvrent. Si l’on peut y voir une entrée dans l’intimité de la jeune femme, l’empathie y est tout de moins restreinte par cette forme qui n’a cesse de nous rappeler une recherche informatique très scolaire. Ainsi le « je » que répète la jeune femme nous reste en travers la gorge et se transforme en un « je » égocentriste au milieu d’une recherche scolaire.

Cependant, on ne peut qu’admettre que le sujet est très intéressant, sur cette maladie qui se transmet par une empathie entre femmes, et qui justifie l’utilisation de la première personne. La réalisatrice y explique très bien cette maladie qui n’est que le reflet physique d’un conditionnement  des femmes du 21ème siècle qui se rendent malades pour leur physique.

Jeanne Roques.

Les mots de la cité vu par Lucas Dussans

Laurent Chevallier suit Mamadou Ba, qui tient une permanence dans une cité à Montreuil où il aide les habitants dans leurs démarches administratives. Le documentaire filme ces échanges et laisse l’histoire de Mamadou Ba exister.

Ma déception est assez grande, le sujet choisi me paraissait intéressant mais la réalisation et la réaction du public face au documentaire m’ont fortement déplu. Le film commence avec une voix off (celle du réalisateur) où il explique pourquoi il a voulu le réaliser : découvrir ses voisins qu’il ne connaissait pas malgré la proximité. Sa voix se fait aussi entendre lors de questions qu’il pose à Mamadou Ba, le ton et le choix des questions de Laurent Chevallier donnait l’impression d’une supériorité face à son interlocuteur et sa volonté de «découvrir ses voisins» prenait alors un autre sens, non pas celui de dénoncer ce qui se passe et les problèmes auxquels doivent faire face les habitants mais celui de les montrer dans leur incompétence face à l’administration française. Mon avis sur ce film est peut-être poussé et non en accord avec ce qu’a  vraiment voulu montrer Laurent Chevallier mais les réactions du public n’ont fait qu’accroître cette idée. Un groupe de retraités aisés assis derrière moi n’a pas arrêté de parler à voix haute pour faire des remarques inappropriées et se moquer des habitants ayant du mal à lire ou à comprendre les documents administratifs. Une remarque du style « haha regarde il ne sait même pas lire » était de trop et m’a fait sortir avant la fin. La place du documentaire au Fipadoc me reste incompréhensible, les plans tournés sont approximatifs au niveau du cadrage, des tentatives de mouvements de caméra ou de plans esthétiques se font ressentir mais le résultat reste mauvais. Le montage est à l’image des plans et ressemble à celui d’un reportage trop long.

Mon attente de ce documentaire était d’y trouver une dénonciation de la vie en cité et son rejet de la société, non celle d’une simple visite.

Lucas Dussans.